Moby – Innocents

Y’a rien à faire, je crois que jamais je ne trouverai un album de Moby mauvais, même si Destroyed m’avait quelque peu dérouté tant il était glacial, solitaire et triste…

innocents-cover-moby

Pour ce 11ème album, enregistré dans une des chambres de son domicile, toujours sous son label Little Idiot, j’ai, dans un premier temps, beaucoup apprécié le teasing mené de main de maître par Moby sur les réseaux sociaux. On est passé de j’ai envie de faire un album, à des clichés pris un peu partout pour un peu n’importe quoi, qui nous emmenaient dans la réflexion mais quel rapport avec son album ? puis des micro vidéos dans le même esprit… Il faut dire que Moby n’a pas été avare en communication, les infos ont été diffusées avec talent, de la création (voire de l’idée) jusqu’à la sortie de l’album, poussant le partage jusqu’à balancer ses clips au fur et à mesure qu’ils étaient en boite et à offrir à ses fans français une écoute en avant première sur le Parisien. Chapeau !

Moby est et sera toujours pour moi un extraterrestre de la musique, cet album m’a une fois de plus transporté en dehors de notre galaxy. Certes pas de grandes surprises, si ce n’est les multiples participations, pas d’évolution dans le style non plus, c’est du Moby… mais il le fait tellement bien ! On retrouve donc les sonorités du fameux synthé Yamaha cette fois associées aux voix de Cold Specks, Damien Jurado, Wayne Coyne, Skylar Grey, Inyang Bassey et Mark Lanegan. Six guest qu’il a surnommés Les Innocents.

Je passe la majeure partie de mon temps seul dans mon studio alors, pour Innocents, ça semblait une bonne idée d’impliquer d’autres personnes. Travailler avec tous ces collaborateurs m’a aidé a réaliser un disque dont je suis fier, et travailler de cette façon m’a aussi donné un semblant de vie sociale…

Je passe sur l’intro, Every That Rises est sans surprise, c’est du Moby, tout comme Going Wrong, A Long Time, Saints ou The Dogs… Du très bon Moby, on se laisse emporter, mais j’ai préféré les morceaux avec les guest.

J’ai d’abord eu un grand plaisir à retrouver, dans un autre registre, Cold Specks que j’apprécie en solo.

A case for shame et Tell Me sont de belles réussites, ce style va bien à Cold Specks et sa voix colle parfaitement aux tonalités de Moby.

J’ai découvert Damien Jurado avec Almost Home, un titre surprenant, très haut perché, aérien qu’on se prend vite à fredonner. J’ai pensé à Jonzi ou Assaf Avidan.

En revanche, je n’ai pas, mais alors pas du tout, accroché sur The Perfect Life avec Wayne Coyne (The Flaming Lips). J’ai trouvé le titre très « variety », limite crispant. Les 6 minutes les pires de l’album.

The Last Day nous fait revenir aux sources de la musique de Moby, le truc planant, indescriptible. La voix de Skylar Grey s’accordant parfaitement. Pour ceux qui ne connaissent pas Skylar Grey, elle a fait la première partie de la tournée de Bruno Mars et elle a surtout coécrit Love the Way You Lie du duo Eminem / Rihanna.

Don’t Love Me est un titre qui détonne, Inyang Bassey qui a plutôt d’habitude un style Motown.

Elle se lance là dans un style plus trip hop que j’adore. Inyang Bassey était déjà de la partie dans Destroyed et rejoint souvent Moby sur scène. Don’t Love Me est un titre qui collerait parfaitement bien en soundtrack d’un James Bond.

Et puis enfin ma préférée, The Lonely Night avec Mark Lanegan qui a été éditée en disque vinyle pour le Record Store Day 2013. Une voix à la Paolo Conte qui détonne. Mark Lanegan pour ceux qui ne connaissent pas c’est Queens of the Stone Age et The Jury, un groupe avec Kurt Cobain.

Un album sans surprise sur les solos, mais, peu importe, on adore Moby pour ses solos ! De jolies participations qui lui donnent du relief et on finit en beauté avec The Dogs du pur Moby.

Côté scène, Moby a déjà prévenu : seulement 3 dates au Théâtre Fonda de Los Angeles, les 2 ; 3 et 4 octobre. Cette dernière date sera également retransmise sur le web en direct.

NatCordeaux

La musique tient la même place dans ma vie que le parfum : indispensable tous les jours, interchangeable en fonction de mon humeur. La femme digitale que je suis préfère la musique authentique, les guitares autour d'un feu de bois aux salles de concert, les sons pop, folk, le hard, le slam... Je suis capable de dire dès la première mesure si le morceau me plait ou non, j'adore les rythmes à contre temps, les accords dissonants et les mélanges voix instruments improbables. Je déteste le classique, l'opéra, les chansons pour enfants, Gainsbourg et Johnny. Co-fondatrice de [email protected] Vôtre avec l'hôte de ce blog, Responsable éditoriale pour @LesNews

Laisser un commentaire