Et Chuck Schuldiner créa le death métal

La musique est composée de nombreux styles, nombreuses influences, les petites cases comme certain les appelle. Et il a un style que j’affectionne particulièrement sans forcément connaître toutes les subtilités. Par contre je sais avec qui en parler, un musicien, chanteur et leader d’un groupe rencontré sur ma timeline. C’est donc avec Le Blitz que je partage cette envie de gros sons. Et c’est avec plaisir qu’aujourd’hui je lui laisse la parole pour vous faire découvrir ou redécouvrir l’homme qui un jour inventa le death métal !


Haaaa Death ! Forcement à l’évocation de ce nom, du moins la première fois qu’on le lit ou l’entend, on ne peut s’empêcher de penser : « ha encore de la musique qui fait saigner les oreilles !? ».

Et bien je m’offusque et réponds « une telle pensée est incroyablement réductrice et totalement illégitime ! ».
Death, c’est une nouvelle approche de la musique, une révolution dans le monde du métal, de ses structures voire de son imagerie.
“Le truc qui était bien avec Death, c’est que l’on pouvait toujours acheter leur dernier album sans même prendre la précaution de l’écouter au préalable, car on savait que par essence, il surpasserait son prédécesseur !” je cite : moi-même.

“1000 fois copié, jamais égalé”, Death appartient à cette frange du Death Metal Etats-Uniens dont la musique n’est aucunement basée sur l’expression d’une violence musicale mais sur quelque chose de bien plus profond, progressif voire expérimental et surtout des riffs techniques reconnaissables entre 1000.
N’oublions pas que si le métal a fortement évolué depuis une vingtaine d’années, bon nombre de groupes ont su profiter des voies que Chuck a laissé derrière lui…
…Mais n’allons pas trop vite

Death c’est avant tout un homme : Charles Michael « Chuck » Schuldiner (13 mai 1967 / 13 décembre 2001), il commence la guitare à 9 ans, une guitare acoustique offerte par ses parents pour l’aider à surmonter le décès d’un frère aîné dont il est très proche. Et c’est à ce drame que l’on doit l’œuvre de Chuck. En effet, suite à cette douloureuse épreuve il s’enferme dans sa chambre le week-end et pratique la guitare inlassablement. 7 années plus tard il fonde le groupe qui deviendra plus tard Death.

Il en est l’unique membre permanent et les musiciens souvent prestigieux (Gene Hoglan, Steve Di Giorgio, James Murphy, Andy Larocque et Richard Christy pour ne citer qu’eux) qui l’accompagnent, varient au gré des albums dès 1988.

Chuck meurt d’une tumeur au cerveau le 13 décembre 2001 après deux ans de combat contre la maladie.


Pour appréhender la musique de Death il faut avant tout en connaître l’auteur.
Chuck est un personnage atypique, une personnalité qui sort des sentiers battus et autres stéréotypes du « metalleux » :

– l’artiste aimait tous les courants musicaux (du heavy metal au Jazz en passant par la musique classique) à l’exception de la country et du rap.
– C’était un perfectionniste.
– Il ne faisait pas l’apologie des drogues dures (cf : notamment Living Monstrosity, titre dans lequel il évoque un bébé né cocaïnomane parce que sa mère avait consommé de la cocaïne durant sa grossesse).
– Et contrairement à nombres de groupes de métal, il refusait d’être associé à l’imagerie sataniste (il modifia notamment la croix inversée qui formait le « t » du Logo de Death dès son second album : Leprosy). Pour lui, la religion était du domaine de l’individuel et du personnel.
– Ses textes étaient recherchés et s’éloignaient des thématiques classiques du métal.
– L’homme était intelligent, simple et attachant selon les personnes qui ont croisé sa route.

Voila en substance le bonhomme, parlons maintenant de sa musique :

J’ai découvert Death tardivement… en 1995 pour être précis avec la sortie de leur album « Symbolic » (peut être, est ce pour cette raison qu’il reste pour moi subjectivement leur meilleur album et l’un des meilleurs si ce n’est le meilleur album de ma « cdthèques »).
Dans ma petite vie de passionné de Musique, il y’ a un avant et un après Death.
Avant j’avais un discours assez proche de celui de Ted Nugent (enfin, quand il été jeune, donc à l’époque du néolithique) : « Si c’est trop fort, c’est que vous êtes trop vieux ».
En résumé, il fallait de la guitare, une batterie en 220 BPM et un mec qui hurle sa haine à s’en faire sauter les cordes vocales.

Et puis, j’ai découvert « Symbolic » de Death…

… La claque. Je pense que tout guitariste, voire tout musicien devrait écouter attentivement cet album au moins une fois dans sa vie, afin de comprendre une bonne fois pour toute que la Musique n’a aucune limite si ce n’est celle que l’on veut lui donner. Il n’y a pas de Jazz pour les « élites et mélomanes », de Rock pour « les rebelles » et de Rap « pour sortir de la cité » …
Il n’y a que la musique de qualité et celle qui ne l’est pas (qui vient de crier M6 et W9 ? ;p )

Mais revenons en 1987.

Scream Bloody Gore l’album qui muscle la nuque et fait saigner les oreilles !

Cette année là les disquaires ajoutent l’album Scream Bloody Gore dans leurs bacs étiquetés « Musique pour jeunes chevelus cloutés ».

Scream Bloody Gore est considéré comme le premier véritable album de death … humm pas le groupe mais le style musical (Non je n’oublie pas le groupe Possessed auquel on peut aussi accorder la paternité du death métal)… Enfin en même temps c’est aussi le premier album de Death… le groupe (hou la, je sens que je vous ai perdu là ;p).

À l’écoute de cet album on notera immédiatement les influences thrash de la bay area dans ses tempos soutenus à vous faire fondre le médiator, ainsi que celles de la NWOBHM dans les doublages de guitares à la quinte et autres lignes « mélodique » en mineures. Quand je dis mélodique, gardez en tête que tout est relatif…

Ainsi qu’une ébauche de l’approche musicale Schuldinerrienne : des changements de tempo surprenants, ravageurs … et quelques petits riffs à la guitoune qui vous scotchent à votre chaise (notamment le bridge pré solo sur Baptized in Blood).
Alors soit, cet album sonne comme un premier album, les compos sont à des années lumières de ce qui sortira plus tard de l’ampli de Chuck schuldiner. Mais Scream Bloody Gore laisse présager la future orientation progressive d’album en album de ce groupe.
Chuck a de l’or dans les doigts, ou plutôt un diamant, diamant qu’il n’aura de cesse de tailler au cours de sa carrière.

De façon totalement subjective, je sortirais 2 morceaux du lot, dont un qui apparaîtra sur les playlists du groupe jusqu’à sa fin : Zombie Ritual, et Evil Dead dont j’adore l’intro (mais j’ai longuement hésité à vous proposer Baptized in Blood !).

Je vous entends d’ici crier à l’imposture en découvrant le cover de ce premier opus ainsi que les titres des morceaux qui le composent ( « Regurgitated Guts », « Mutilation », « Baptized in Blood » ) on est très loin de l’approche à part de Death que je vous vendais précédemment.
Je plaide coupable et vais de ce pas m’ auto-flageller à coups de bambou en psalmodiant des “Ave Chuck” … non je déconne !

Encore une fois ce n’est qu’un premier album, mais bien qu’il soit, somme toute assez classique, c’est un bon, voire très bon premier album d’une bande de jeunots immatures, désireux d’aller encore plus loin dans le son tranchant des guitares et dans l’imagerie “provoc”, que les groupes qu’ils ont idolâtrés quelques années plus tôt…

D’ailleurs Chuck expliquera en 1999 (dans un numéro de Metallian il me semble …) avec la sortie du projet Control Denied que le nom Death, l’imagerie et le chant guttural étaient des conneries de jeunots et essentiellement de la “provoc” pour faire parler de sa musique.




En espérant que vous soyez arrivé jusque là, dès demain Le Blitz revient pour vous parler des 2 albums suivants de Death. Stay connect !

MoiMateo

Fondateur et chroniqueur de MoiMateo.com. Découvreur et diffuseur de talents étéroclytes. Signe particulier : 2 cages à miel en équipement d'origine.

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