Cults, un esprit Motown

Lire Cosmo sur la plage à côté de Mr Chéri, c’est forcément s’attarder sur la rubrique musique et découvrir une nouvelle pépite : Cults


Cults, c’est d’abord un duo, à la ville comme à la scène, composé de Madeline Follin et Brian Oblivion, deux étudiants en cinéma (les cinéphiles auront d’ailleurs reconnu un pseudo emprunté à Videodrome de David Cronenberg).

Cults c’est ensuite un nom étonnant, déroutant… Le ton est donné avec le header de leur BandCamp.

Brian explique en interview qu’ils ont commencé à écrire l’album alors qu’ils étaient complètement obsédés par les sectes et ce qu’elles pouvaient représenter dans l’abandon de soi. D’ailleurs, en prêtant bien l’oreille à Go Outside, on y entend en introduction « To me, death is not a fearful thing. It’s living that’s treacherous » (Pour moi, la mort n’est pas effrayante. C’est vivre qui est traître) de la voix même de Jim Jones, gourou responsable du fameux massacre de Jonestown en 1978. Nombre de chansons diffusent en arrière plan des litanies sectaires. C’est dire…


Cults c’est aussi un genre. Si Madeline a été chanteuse d’un groupe punk à l’âge de neuf ans, tandis que Brian joue dans des groupes amateurs, c’est dans un style très différent qu’ils créent leur premier album éponyme sorti en juin 2011 sous le label de Lily Allen. La voix candide de Madeline, contre balancée par les babillages en arrière fond de chœurs, rehaussée par le son cristallin d’un glockenspiel (sorte de xylophone) le tout sur des mélodies pop aux résonances très sixties. Ils aiment définir leur style comme du doo-wop, genre musical né du mariage des rythmes syncopés africains et les hymnes religieux de la société blanche puritaine des années 50, un style très influencé par le gospel. La capacité communicante du gospel et le « son Motown » les passionnent.

Mais le rythme ne fait pas tout. Pas question de pop lisse ! Sous les airs légers et frivoles de la pop se cachent des paroles toute en profondeur, obscures parfois, des textes sur les thèmes du renoncement adolescent, la détresse amoureuse, de l’angoisse générationnelle. « Nous voulions faire une musique facile à écouter et accrocheuse, certes, mais ça ne veut pas dire que nous nous sentions obligés d’écrire des paroles sans saveur et sans âme ».
Go Outside est né un soir de 2010 de quelques accords, aux accents de gospels, enchaînés sur la basse de Brian. Uniquement diffusé sur le web, Go Outside et ses paroles sur l’innocence navrée sont devenus un véritable buzz musical 2.0 en très peu de temps.


You Know What I Mean, est une pure merveille ! Une ballade très sixties, langoureuse et sucrée, entrecoupée de refrains rythmés. On y retrouve parfaitement l’esprit Motown.

Bad Things est assez bizarre… il parait qu’on appelle ça du midtempo. Ce n’est pas ma préférée… En revanche je me suis laissé prendre avec Rave On.

Un album qui met de bonne humeur, bienvenue aux sixties en 2011 ! Même si la 1ère partie de l’album est bien meilleure que la seconde qui donne l’impression d’avoir été baclée…



Leur site web : http://cultscultscults.com/

NatCordeaux

La musique tient la même place dans ma vie que le parfum : indispensable tous les jours, interchangeable en fonction de mon humeur. La femme digitale que je suis préfère la musique authentique, les guitares autour d'un feu de bois aux salles de concert, les sons pop, folk, le hard, le slam... Je suis capable de dire dès la première mesure si le morceau me plait ou non, j'adore les rythmes à contre temps, les accords dissonants et les mélanges voix instruments improbables. Je déteste le classique, l'opéra, les chansons pour enfants, Gainsbourg et Johnny. Co-fondatrice de [email protected] Vôtre avec l'hôte de ce blog, Responsable éditoriale pour @LesNews

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