Un après midi avec Emiliana Torrini


Découverte d’Emiliana Torrini,  jeune chanteuse islandaise d’origine italienne et coup de foudre sans concession ! Un dimanche après midi passé en sa compagnie, et la pluie peut toujours tomber dehors….

Un petit coup d’œil sur Wikipédia me fait penser que je dois bien être la seule à ne pas la connaitre et à être passée à côté d’un tel palmarès ! Un premier album en 1995, des premières de concerts de Moby, Sting, Dido, Tricky, la co-écriture du titre Slow de Kylie Minogue, des participations avec Tears for Fears ou un passage dans la comédie musicale Hair (…)

Tandis que côté publicité, elle illustre la campagne pour la Fiat Croma (Until The Morning), côté cinéma, on l’entend dans le Seigneur de Anneaux (Gollum’s Song) dans Sucker Punch (White Rabbit) ou encore dans Piccadilly Jim (avec une version très années 50’ de Tainted Love)




Chaque album d’Emiliana Torrini est différent, chacun avec son univers poétique ou déjanté, gai ou mélancolique. J’ai aimé écouter les détails (pour cela les écouteurs sont indispensables), tous ces petits bruits en arrière plan comme des craquements de bois (Lifesaver) la mer ou des instruments inattendus…

J’ai commencé par son 1er album Crouçie d’où là, dédié à son père, qui regroupe des reprises, notamment de BO de film : Les Douze Salopard (The Dirty Dozen) ou James Bond 007 (The Man With The Golden Gun) ou encore une magnifique interprétation de la BO de La Couleur Pourpre (Miss Celie’s Blues). Un album avec quelques accents rythme and blues, où Emiliana prend parfois des intonations black parfois un petit air d’Amy Whinehouse.


Un album qui reçoit un beau succès et qui l’entraine vers Merman rassemblant  d’autres reprises très touchantes comme Blame It On The Sun de Steevie Wonder, Crazy Love de Van Morrison ou Stephanie Says de Lou Reed ou encore I Hope That I Don’t Fall in Love With You de Tom Waits


D’autres reprises également en aparté sur le Web avec The Sound of The Silence ou sur son album Rarities avec le sublimissime If You Go Away (Ne me Quitte pas)

Emiliana Torrini – If You Go Away

Emiliana se fera enfin connaitre au-delà de l’Islande en 1999 avec l’album Love In The Time of Science dont les titres sont co-écrits avec Eg du groupe Eg and Alice. Un album difficile à ranger dans une catégorie, certains le disent entre le trip hop et la pop, mais de toute façon très réussi entre ballades (Summerbreeze) et morceaux plus instrumentalisés (Dead Things – Tuna Fish).

Même si Emiliana n’aime pas la comparaison avec Björk, islandaise comme elle, on ne peut s’empêcher de penser à elle dans certains morceaux avec cette façon de mélanger les sons improbables et sur l’intonation cristalline de sa voix. D’autant que leurs chemins artistiques se croisent plus d’une fois : elle travaille avec l’ancien batteur de Björk sur Telepathy et la remplace pour interpréter  The Gollum’s Song dans le Seigneur des Anneaux.


Après cinq années de silence, jalonnées de douleurs personnelles, Emiliana sort son nouvel album Fisherman’s Woman. Un pur moment musical, complètement différent, un acoustique doux et intimiste… Comment ne pas être sous le charme de cette simplicité guitare/voix ? Difficile de citer tel ou tel titre, tous sont superbes ! 12 titres doux, sensibles, mélancoliques qui s’enchainent admirablement bien.
Emiliana vit désormais en Angleterre et se trouve d’autres sources d’inspiration que son Islande natale, comme le folk pur.  Cet album sera récompensé deux fois aux Icelandic Music Awards.


Il faudra encore attendre trois ans avant la sortie de Me And Armini un album (mon préféré) très riche musicalement avec des sons nouveaux. Un album abouti, varié, surprenant où l’on retrouve une Emiliana plus enjouée (Big Jumps) parfois espiègle (Jungle Drum). Tout en contraste entre les ballades (Hold Heart) et le Trip Hop (Gun – Dead Duck). A écouter absolument Birds, superbe morceau de 6mn, entre pop et électro et l’étonnant Me and Armini dans lequel Emiliana nous raconte une histoire triste avec gaité…




Puis en 2010, viendra Rarities, un album de 28 tracks, très techno, avec des reprises de ses premiers succès remixés en version alternative. Le seul album auquel je n’ai pas accroché. Je le trouve si loin des autres… mon seul coup de foudre, mais vraiment coup de foudre….  sera pour sa reprise de Ne me quitte pas de Jacques Brel. Un moment exquis de beauté et d’émotion complètement contrastant avec la musique techno qui l’entoure !

Voilà une discographie qui va rester très longtemps dans mes oreilles et j’attends avec impatience le prochain, normalement prévu en 2012 !

NatCordeaux

La musique tient la même place dans ma vie que le parfum : indispensable tous les jours, interchangeable en fonction de mon humeur. La femme digitale que je suis préfère la musique authentique, les guitares autour d'un feu de bois aux salles de concert, les sons pop, folk, le hard, le slam... Je suis capable de dire dès la première mesure si le morceau me plait ou non, j'adore les rythmes à contre temps, les accords dissonants et les mélanges voix instruments improbables. Je déteste le classique, l'opéra, les chansons pour enfants, Gainsbourg et Johnny. Co-fondatrice de [email protected] Vôtre avec l'hôte de ce blog, Responsable éditoriale pour @LesNews

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