Albums 2010 – Jour 14

Groupe : Big Boi
Album : Sir Luscious Left Foot : The Son of Chico Dusty
Date de sortie : 6 Juillet 2010
Label : Purple Ribbon / Def Jam

Présenté par Mzelle Celina

Choisir l’album de l’année n’est pas forcément évident quand, comme moi, on a eu peu de temps pour consommer du son (oui j’en fais plus que j’en écoute ces temps ci j’avoue!). En bonne fan de black music certaines sorties ne m’ont pas trop échappé. Entre autres, l’album solo de Big Boi (Sir Luscious Left Foot) cet été fut un peu le son que j’ai écouté en boucle dans mon baladeur téléphone boite mail portatif dernière génération 🙂 J’aurais pu choisir quelque chose de plus original, de plus indé, de plus nouveau, de plus expérimental. Mais non. Il est de ces valeurs annoncées comme sûres qui s’avèrent l’être au final. Et des valeurs sûres à tel point que je réfléchis peu ou pas au moment de faire cracher la CB sur iTunes (ce qui ne m’arrive vraiment pas très souvent).

Big Boi sans André 3000, Outkast amputé de sa moitié (la plus créative à mes oreilles), ça envoie du boudin sacrément nom de dieu !

Déjà quelques petits trucs qui ne trompent pas : est ce que je peux écouter l’album d’un bout à l’autre sans me lasser? Est-ce que chaque titre est aussi bon que le précédent ou le suivant ? Est ce que ma tête se met instinctivement à faire un mouvement de balancier sur chaque clap du beat ? Est ce que je peux encore l’écouter en boucle 6 mois après sa sortie ?

La réponse est OUI. Un grand OUI.

Alors pourquoi ?

La qualité de chaque titre, le potentiel tubesque qui sommeille en chacun d’eux. La diversité dans la cohérence. L’originalité dans la continuité. L’hommage à un hip hop « de luxe », une musique qui s’affranchit parfois de son genre tout en en affirmant plus que jamais son appartenance au Rap et au R’n’B afro américain. Le titre « You ain’t no DJ » par exemple, minimaliste à souhaits, dénué de toute mélodie, bounce d’une force !! C’est pour moi le parfait exemple de ce que la musique peut être parfois : une énergie concentrée dans le rythme et les mots… Je recommande son écoute le matin au réveil

Les réguliers clins d’œil aux mélodies pop, aux harmonies jazzy, aux sons synthétiques, électroniques, vocodoïques (et tout ce qui finit en « ique ») gérés avec grande habileté donne une ampleur incroyable au projet… Et le flow de Big Boi, qui mixe à la fois la précision de l’attaque et la douceur, est juste un régal à écouter !! Il a en plus le talent de bien articuler ce qui rend l’écoute encore plus agréable pour moi, francophone, je comprends ce qu’il dit, incroyable non ?

Je suis également assez scotchée par l’excellent boulot de réalisation et d’arrangements. Rien en trop, tout à la bonne place, chaque son soigné, pensé… Des placements impeccables, des enchainements au sein d’un même titre toujours aussi surprenants au bout de la 56ème écoute, des mélanges de genres toujours plus kiffants, écoute après écoute…

On parle de la prod aussi ou pas ? Ah bah vu le style on est un peu obligé. Un travail assez surprenant sur les rythmiques, à la fois bien « devant » et prenant tout l’espace. Notamment sur un titre comme « Follow Us », entre la batterie presque vintage coincée dans sa petite pièce accompagnée par une sorte de clavier/guitare ultra réverbé, et les ambiances synthétiques ou voix qui elles au contraire sont plutôt traitées de manière plus sophistiquée, le mélange est assez surprenant. Et tout du long comme ça, de titre en titre, j’ai été toujours très agréablement surprise par une sorte de mix étrange, entre ambiance proche du live dans le traitement et ambiance ultra sophistiquée. Je retrouve ce mélange que j’ai adoré aussi sur le titre « Tangerine ».

Du très très très bon boulot.

Que dire de plus? J’aurais tellement de détails à commenter…

Quelques chouchous quand même? Of course (et dans le désordre) :

#1 « Tangerine » : pas forcément le plus travaillé de tous les titres, mais certainement celui que je trouve le plus efficace. La boucle de guitare lancinante en lame de fond, la rythmique tribale bien devant et le passage éphémère d’une guitare saturée qui gueule sa présence délicieusement….

#2 « Shutterbug » : un excellent mélange de genres géré en toute simplicité. Synthé, ambiance vocoder, voix r ‘n b, guitare électrique, rhodes et nappes synthétiques qui se croisent. Et une structure de morceau assez originale … je n’en dis pas plus, à vous de juger.

#3 « You ain’t no DJ » : No comment. Il faut l’écouter. De la bombe bébé.

#4 « Back up Plan » : j’ai du mal à décrire ce qui fait que j’adore ce morceau. Les voix peut être, la synchro clavier-rythmique, la rythmique elle même, le flow de Big Boi… va savoir 🙂

« Daddy Fat Sax » : le synthé asiatisant sur les bords avec cette rythmique, c’est juste bien voilà.

Il y a 15 morceaux sur l’album et si j’avais écrit la chronique un autre jour il se peut que ma short list de « chouchous » ait été différente. Les 15 déchirent. Sans nul doute.

Un bémol cependant pour terminer cette chronique : je suis allée voir notre star sur scène à l’Elysée Montmartre il y a quelques jours et là ce fut l’immense déception. Comme toute star US qui se pointe devant le public Français, Big Boi n’a pas échappé à la règle du foutage de gueule scénique. Des medleys sans saveur, un son pourri, une scénographie en dessous du zéro absolu, un pauvre DJ qui ne fait que passer les instrus originaux des tracks de l’album… Mouep. Partie au bout de 20 minutes un peu en colère, je n’en aime pas moins l’album qui est une pépite de studio que je ne me lasse pas d’écouter en boucle. tant pis, Big Boi restera un artiste musical que je continuerai d’aimer dans mes écouteurs….

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MoiMateo

Fondateur et chroniqueur de MoiMateo.com. Découvreur et diffuseur de talents étéroclytes. Signe particulier : 2 cages à miel en équipement d'origine.

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